Principal acteur associatif dans le domaine du social avec ses trois pôles – jeunesse, solidarités et handicap –, l’association Mlezi Maore doit, elle aussi, adapter ses services. Objectif : sécuriser les équipes et les publics, tout en assurant au maximum ses missions, parfois indispensables.
À Mayotte, les problématiques de la jeunesse, des solidarités et du handicap sont étroitement liées avec l’association Mlezi Maore, principal acteur associatif de l’île, dont elle est par ailleurs le troisième employeur. Ses missions ? Fournir à ces trois publics spécifiques des services essentiels. Face à la crise, l’organisme a donc dû adapter sa mission, tout en assurant une nécessaire continuité. “Les dispositions de lutte contre la propagation du Covid-19 impactent de manière très directe nos associations et établissements. Cependant, notre engagement auprès des usagers de Mlezi Maore ne peut s’interrompre brutalement. Nous avons ainsi, en lien avec la direction de chaque pôle, les responsables du siège et des autorités de tutelles, élaboré des plans de continuité de l’activité (PCA)”, explique ainsi l’association. Deux impératifs au menu de ces plans : “La continuité de service proposée aux personnes accompagnées lorsque celle-ci relève de l’impérieuse nécessité” et “le respect des règles de distanciation afin de protéger les équipes, les usagers et la société en limitant la circulation du virus.”
Si certains services comme le centre social et culturel, la base nautique et de loisirs de Mtsangabeach ou encore le point accueil écoute jeunes sont fermés, d’autres fonctionnent avec certains aménagements. “C’est le cas de l’institut médico-éducatif, du service d’éducation spécialisée et de soins à domicile, du pôle handicap, ainsi que du service d’action éducative en milieu ouvert du pôle jeunesse ; ou encore le service des tutelles du pôle solidarités, par exemple, qui sont en ouverture aménagée. L’évaluation de la situation de chaque usager a été réalisée, des contacts réguliers sont assurés et des visites à domicile sécurisées sont programmées en cas de nécessité.”
En revanche, les lieux d’hébergement restent bien entendu ouverts, à l’instar du centre d’hébergement et de réinsertion sociale, de l’établissement de placement éducatif, du centre éducatif renforcé et la maison d’enfants à caractère social.
Un appel à volontariat
Des services assurés, donc, mais qui souffrent eux aussi du confinement. En cause : “certains établissements de l’association qui se doivent de rester ouverts manquent de personnel du fait de la situation de crise que nous traversons actuellement. Un appel à volontariat a été lancé en interne. Étant donné que certains de nos services sont fermés ou ont une ouverture aménagée, le renfort de ces équipes d’hébergement a dans un premier temps été réalisé grâce à ces professionnels. Nous avons également fait appel à la solidarité du secteur afin de savoir si certains de nos partenaires seraient en capacité de mobiliser du personnel volontaire pour venir renforcer les équipes de nos structures en continuité d’activité, notamment les CEMEA, la Croix-Rouge ou encore l’UDAF. Certaines associations réalisant de l’hébergement ont été écartées considérant qu’elles rencontraient les mêmes difficultés. Les besoins se portent sur des personnels travailleurs sociaux, veilleur de nuit ou encore maîtresse de maison.”
Enfin, comme recommandé, les fonctions supports comme le service comptabilité, relations humaines, développement, communication se sont organisées autour du télétravail, “favorisé autant que possible”. “Les conférences téléphoniques ou autres supports équivalents sont utilisés pour les réunions. Les salariés ne se rendent sur leur lieu de travail que si cela est nécessaire. Nous avons mis
en place une cellule de crise en interne qui se réunit par conférence téléphonique chaque jour. Cette instance permet d’évoquer les situations problématiques, les bonnes pratiques et de prendre les décisions nécessaires pour l’amélioration du fonctionnement des établissements et services en cette période particulière. Enfin, afin d’informer au mieux les familles, des salariés du pôle handicap ont créé un support en français et shimaoré afin de sensibiliser petits et grands sur le COVID-19.”
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