« Le centre d’enfouissement de Dzoumogné se remplit trop rapidement »

En ouvrant le casier numéro 2 à Dzoumogné, le syndicat intercommunal d’élimination et de valorisation des déchets de Mayotte (Sidevam) a dû répondre à une urgence, celle d’un casier numéro 1 arrivé bientôt à saturation tant le volume de déchets ne cesse de grossir d’année en année.

Casier numéro 2

Les travaux ne sont pas encore terminés, mais les premiers déchets ont déjà commencé à s’accumuler dans la première alvéole du casier numéro 2 de l’installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) à Dzoumogné. Gérée par la Star Mayotte (dans le cadre d’une délégation de service public), la fosse inaugurée ce mardi matin concentrera bientôt la majeure partie des déchets produits à Mayotte. Celle-ci devenait indispensable au regard d’un casier numéro 1 proche de la saturation. En effet, il est presque à 700.000 mètres-cube. En comparaison, 1,3 million de mètres-cube pourront possiblement terminer dans les quinze prochaines années dans le nouveau casier. Toutefois, « il est impératif de souligner que ce centre d’enfouissement se remplit bien trop rapidement. La croissance démographique se ressent sur la production de déchets », alerte Houssamoudine Abdallah, président du syndicat intercommunal d’élimination et de valorisation des déchets de Mayotte (Sidevam), ajoutant que la première alvéole a coûté 18 millions d’euros dont la moitié financée par l’Etat et six millions d’euros par l’Ademe.

Chido

L’inauguration a eu lieu, ce mardi, mais elle aurait pu intervenir quelques mois plus tôt. Les travaux ont été réceptionnés le 13 décembre, la veille du passage du cyclone Chido. L’événement climatique a saccagé 80% de l’alvéole, en particulier la membrane qui sépare les déchets du sol. « Je remercie nos partenaires, Mitch OI et Geobio, dont le personnel était mobilisé dès le 10 janvier pour la reconstruction », fait remarquer Ambroise Permalnaïck. Le directeur de la Star Mayotte loue également la cellule de crise de la préfecture de Mayotte pour gérer la crise des déchets qui a suivi le cyclone.

Sur la production de déchets, Chido a aussi une incidence considérable. « Sur les trois premiers mois de l’année, nous affichons près de 16.000 tonnes supplémentaires par rapport à l’année dernière », chiffre le président du Sidevam. Sur la soixantaine de zones-tampons mises en place après Chido, il en reste quatre aujourd’hui. La Star reconnaît que Petite-Terre demeure une zone compliquée à traiter. La rotation des deux barges, puis trois maintenant, pénalise les transferts, en les limitant à une rotation par jour maximum (soit 36 tonnes par jour). Le préfet indique qu’une quatrième barge devrait bientôt être remise à contribution. Rappelant que d’autres évènements climatiques de ce type sont encore à craindre, « il faut penser à des installations de demain pour soulager ou compléter l’ISDND », prévient Houssamoudine Abdallah (voir encadré).

Tri des déchets

C’est un objectif affiché par tous, que ce soit le Sidevam, les élus comme Abdoul Kamardine, le conseiller communautaire du canton de M’tsamboro, ou le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville. Le tri des déchets reste l’un des enjeux les plus importants pour éviter de dépasser les 85.000 tonnes enfouies par an. « L’éducation ou la pédagogie en matière de tri est un élément essentiel. Il faut que nous y travaillions. Je sais que le Sidevam s’y engage, j’attends que le Département s’y engage davantage », défend le préfet. Le directeur de la Star Mayotte estime ainsi que 15.000 tonnes par an, dont des bouteilles en plastique par exemple, n’ont rien à faire à Dzoumogné.

Casier numéro 1

Un peu plus haut, le casier numéro 1 atteint 130 mètres désormais et n’est pas totalement plein. « Il présentait des risques d’instabilité », admet Ambroise Permalnaïck. « Il y avait un risque de glissement si on en mettait plus. » Ainsi, la consolidation se fera au fur et à mesure que le numéro deux, qui a été fait contre son prédécesseur, se remplit. « Une fois qu’on aura monté, en 2026, on aménagera le haut du casier numéro 1 pour en remettre dessus », précise-t-il.

Des déchetteries attendues pour 2026

La réduction du nombre de déchets passera par un meilleur tri sur le territoire et notamment le développement des déchetteries. Si la première à Malamani peine encore à trouver son public, concède le Sidevam, ce dernier compte tout de même sur ces installations pour changer les habitudes. Deux autres, à Tsararano et Longoni, pourraient ainsi être en travaux dès 2026.
Le syndicat pousse également pour une unité de valorisation énergétique. Le projet, coûteux (300 millions d’euros), doit permettre à la fois de traiter les déchets et produire de l’électricité. Houssamoudine Abdallah estime que son syndicat pourrait générer alors « 20% de l’électricité » du réseau mahorais.

Rédacteur en chef de Flash Infos depuis 2022. Passionné de politique, sport et par l'actualité mahoraise, ainsi que champion de saleg en 2024. Passé un long moment par l'ouest de la France, avant d'atterrir dans l'océan Indien au début de l'année 2022. Vous me trouverez davantage à la plage quand je ne suis pas à la rédaction.

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