Vol Mayotte – métropole annulé : une partie des passagers dorment dans l’aéroport

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Jeudi soir, le vol Air Austral à destination de la métropole n’a pas pu décoller en raison d’une avarie hydraulique. Bloqués plusieurs heures dans l’avion avant de quitter l’appareil, une trentaine de passagers ont dormi dans l’enceinte de l’aéroport, en attendant leur départ le lendemain. Une situation inédite.

vol-mayotte-metropole-annule-passagers-dorment-dans-aeroportJeudi. 17h30. Yassari se pointe à l’aéroport dans l’optique de rejoindre le soir même la métropole, via une escale à Nairobi. Si l’enregistrement et le contrôle de son motif impérieux par la police aux frontières se passent sans encombre, une drôle de surprise l’attend dans l’avion. « Il s’est positionné sur la piste, prêt à décoller », rembobine le jeune homme de 26 ans. Et là, patatras, l’appareil reste cloué au sol. « Nous avons attendu 15 minutes avant que le commandant de bord annonce une panne hydraulique. » Un problème technique qui n’augure rien de bon… « Un signal électrique ne s’éteignait pas. Or sur les 787, il faut que l’ensemble des voyants soient au vert pour pouvoir partir », précise de son côté Air Austral.

Selon le voyageur, le Boeing fait alors demi-tour pour stationner sur le tarmac, le temps qu’un mécanicien intervienne. Au bout d’une heure, l’équipage décide de distribuer le repas à ses 156 passagers. « À chaque fois que le pilote prenait la parole, il précisait qu’il ne connaissait pas le délai d’immobilisation. J’ai tout de suite senti qu’on allait rester à quai », retrace le technicien en fibre-optique en Hexagone. Au terme d’un diagnostic, la compagnie aérienne se rend compte « qu’il faut changer la pièce ». Une pièce, comme bien souvent dans ce cas de figure, indisponible sur l’île aux parfums.

 

Une nuit sur des lits picots

 

Leurs espoirs douchés, les clients redescendent peu après 23h pour se diriger vers le hall principal, où le climat devient pour le moins houleux. « Tout le monde posait des questions à droite à gauche pour savoir où nous allions être logés. Mais les agents étaient débordés, ils improvisaient comme si c’était la première fois qu’un couac se produisait », relate Yassari. S’ensuit alors un long moment de flottement. « Nous avons essayé de trouver des solutions d’hébergement, mais tous les hôtels étaient complets », indique Air Austral. Si certains voyageurs décident finalement de rentrer chez eux pour y passer la nuit, d’autres se retrouvent tout simplement le bec dans l’eau, faute de solution.

Un véritable camp de fortune prend alors forme dans la salle où l’on récupère habituellement les bagages. « La Croix Rouge est venue déposer des lits picots pour une trentaine de passagers », poursuit le jeune homme, qui dans un élan de générosité offre son nid douillet à une femme enceinte le temps de la fin de l’installation. Malgré ce confort primaire, tous reçoivent un kit de première nécessité comprenant un T-shirt propre et des affaires de toilettes, avant de se voir offrir le lendemain, le petit déjeuner et le repas du midi en guise de dédommagement.

« Inadmissible et hallucinant »

Une improvisation suffisante pour faire avaler la pilule ? « C’est vraiment inadmissible et hallucinant d’avoir été traité de la sorte, surtout au vu du prix des billets ! », peste Yassari. D’autant plus que le protocole sanitaire strict pour les déplacements aériens rajoute une certaine anxiété à cette situation totalement inédite. En effet, tout voyageur doit présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures. Heureusement, tous ont pu repartir le vendredi après-midi, à 14h30, avec cette fois une escale… à La Réunion !