Hier, le vice-rectorat présentait deux éléments importants pour la politique éducative de Mayotte. Le premier, l’éducation en chiffre, est publié chaque année depuis 5 ans et contient de nombreux indicateurs précieux sur l’état de l’effectif et de l’efficience du premier degré, du collège, du lycée et de l’enseignement supérieur.
On note ainsi que, entre 2003 et 2011, le nombre d’élèves est passé de 58.720 à 82.293, les écoles de 190 à 195, les collèges de 16 à 18 et les lycées de 7 à 10. Les effectifs de maternelle ont augmenté de 57.3% entre ces deux mêmes dates.
On observe également que les résultats aux évaluations de CE1 et de CM2 ont des courbes inverses à celles de la métropole : à Mayotte, la grande majorité des élèves a des acquis insuffisants alors qu’en métropole la majorité des enfants démontrent des acquis très solides.
Pour le collège, on peut noter le passage de zéro enfant scolarisé en classes spécialisées (Segpa et Ulis) en 2003 à 362 élèves scolarisés en Segpas et 82 en Ulis en 2011.
Au niveau du lycée, un chiffre parlant : les effectifs en cycle professionnel ont augmenté de 98.7% entre 2003 et 2011. De plus, la proportion d’une génération avec le baccalauréat est passée de 18 à 48% entre ces mêmes années.
On apprend également que le budget du vice-rectorat a triplé en 9 ans passant de 116.9 millions d’euros en 2003 à 307.9 millions d’€ en 2011.
Le second document, crucial, le projet pédagogique pour 2012-2015. Recueillant les réflexions émises lors de réunions et des contributions de terrain entre mars et octobre dernier, le document permet de fixer le cadre de travail. Il dessine les priorités pédagogiques et éducatives pour les trois années à venir selon trois axes principaux : réussir sa scolarité, affirmer ses ambitions et accompagner les évolutions.
Ces trois thèmes contiennent chacun des objectifs comprenant eux-mêmes des "stratégies". Une soixantaine de mesures sont évoquées. A noter que la valorisation des langues maternelles dans l’optique de renforcer la maitrise de la langue française apparait parmi les stratégies de même que le développement de l’école des parents et la structuration des relations avec eux pour favoriser leur implication dans la vie scolaire.
Pour Mario Lefebvre, qui a coordonné la production du plan, c’est maintenant que le véritable travail doit commencer avec des mises en oeuvre d’action, des évaluations, des "évolutions et des observations".