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13 Mai 2008 Départementalisation - Un long travail d’explication s’impose

Départementalisation - Un long travail d’explication s’impose

Le président du conseil général Ahamed Attoumani Douchina a organisé mardi en fin de matinée une conférence de presse au sein de l’hémicycle Bamana. Il est revenu avec les parlementaires sur leur mission à Paris visant à faire de Mayotte le 5e Dom. Force est de constater que beaucoup de Mahorais attendent de savoir ce que contiendra ce futur statut.

"La population entend le mot département depuis 1958 mais elle n’en connaît pas le contenu." Le sénateur Adrien Giraud a eu cette surprenante réflexion mardi lors de la conférence de presse rendant compte de la mission menée par le président du conseil général à Paris du 21 au 30 avril. En effet, on se demande si depuis tant d’années il n’aurait pas fallu commencer par là : expliquer ce qu’est la départementalisation à l’ensemble des Mahorais, avec ses avantages et ses inconvénients.
Mais comme dit l’adage, mieux vaut tard que jamais. Le président du conseil général Ahamed Attoumani Douchina a lui aussi constaté cette nécessité au même titre que le sénateur Soibahaddine Ibrahim Ramadani et le député Abdoulatifou Aly. "Un état des lieux sera fait, en identifiant les problèmes et les moyens. On examinera aussi si des adaptations peuvent être faites pour certaines spécificités. Des groupes de réflexions thématiques seront créés et nous allons réunir tous les élus pour se concerter. Ensuite nous lancerons une campagne d’information à destination des Mahorais. Le gouvernement souhaite que la population soit informée et qu’il y ait un débat sur les avantages et les inconvénients du département", a précisé le président du CG.
Pour réussir ce changement de statut et démontrer son caractère historique, la délégation a été à la rencontre des plus hautes autorités de l’Etat : Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, son secrétaire d’Etat à l’Outremer Yves Jégo, le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, son homologue du Sénat Christian Poncelet et le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, des conseillers de Nicolas Sarkozy (lire précédentes éditions)

Quel corps électoral pour la consultation ?

De plus, les élus ont obtenu d’être inclus dans le Groupe de travail de haut niveau (GTHN) franco-comorien chargé de traiter les relations bilatérales et notamment les problèmes entre Mayotte et l’Union des Comores. Le président Douchina a également souhaité que lors de la consultation les Mahorais de la diaspora puissent également faire partie du corps électoral.
"Je ne sais pas si le gouvernement nous suivra, mais nous souhaitons impliquer tout le monde", a-t-il déclaré. Pour que la position des Mahorais soit bien comprise de tous, le président Douchina compte non seulement faire du lobbying à Paris auprès de tous les groupes parlementaires français, mais aussi à Maurice pour que notre île intègre à part entière la COI, la Commission de l’océan indien.
Le député Abdoulatifou Aly quant à lui s’est félicité de l’unité des élus mahorais sur la départementalisation. "C’est historique et j’ai l’impression que l’on n'a pas compris cela ici", s’est-il étonné. Il a également émis le souhait que la question posée aux Mahorais soit simple et qu’il n’y ait pas de peau de banane glissée par le gouvernement. "Le scrutin doit être sincère. Personne ne doit être dupé et la question doit être celle qu’on souhaite voir posée, pour qu’on y réponde simplement par oui ou non", a-t-il prévenu.
Adrien Giraud a de son côté affirmé que le statut de département une fois obtenu calmerait les velléités de revendication de l’Union des Comores. "Les déclarations intempestives seront apaisées", a-t-il déclaré.

Faire comprendre le point de vue des Mahorais au monde entier

Le président Ahamed Attoumani Douchina a néanmoins montré son inquiétude quant aux craintes des Mahorais sur certains aspects de la départementalisation. "Il sera nécessaire de lever certaines appréhensions, comme les taxes et les impôts. Ce sont des mots qui font peur."
Abdoulatifou Aly a aussitôt pris la balle au bond pour dénoncer le système fiscal de Mayotte. "Il est inique. Il favorise les plus riches. Tous les produits de première nécessité sont chers y compris pour les plus petits. On ne peut que mieux faire. D’ailleurs, la Révolution de 1789 s’est faite pour que tout le monde paie selon ses capacités", s’est-il enflammé, toujours très républicain.
De manière plus posée, le sénateur Giraud lui a rappelé qu’en Métropole tout le monde paye la TVA, que l’on soit riche ou pauvre. En revanche, il a rappelé que la fiscalité de Mayotte était gérée par le conseil général. "Monsieur le président, je souhaiterais vous demander que les questions sur la fiscalité, le social et l’urbanisme soient discutés dès à présent, même s’ils font partie des 6 exceptions de la loi DSIOM. Sinon le gouvernement dira : la fiscalité c’est vous ! Or 60% des Mahorais sont insolvables (non imposables ?). Ils seront obligés de payer la taxe d’habitation et celle pour les ordures ménagères telle quelle si on ne demande pas d’adaptation", a-t-il conclu les débats.
On le voit, il y a du travail à faire et les premiers qui doivent réviser leur copie sont les élus. A charge pour eux de transmettre les bonnes informations à leurs concitoyens.

Faïd Souhaïli
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Le compte à rebours a commencé

Le sénateur Soibahaddine Ibrahim Ramadani a exposé le calendrier qui a été établi par les représentants du gouvernement pour une éventuelle départementalisation.
Dès ce mois-ci, des groupes de travail composés d’élus du CG, de parlementaires, de maires, de responsables de formations politiques et de la société civile seront mis en place pour travailler sur les six matières échappant encore au droit commun.
En juillet, les groupes de travail de Mayotte rencontreront ceux de Paris.
En octobre, des débats parlementaires auront lieu dans les deux assemblées suite au dépôt de la résolution. Une mission parlementaire viendra à Mayotte.
Enfin, en début 2009 débutera la campagne référendaire pour une consultation prévue en mars ou avril 2009.
Un projet de loi pour le changement de statut sera alors proposé par le gouvernement afin d’avoir un département effectif au début de l’année 2010.


13 Mai 2008 Lutte contre l'immigration clandestine - Deux nouvelles vedettes rapides pour la Paf

Lutte contre l'immigration clandestine - Deux nouvelles vedettes rapides pour la Paf

L'inauguration et le baptême du Makini et du Modharé, les deux nouvelles vedettes de la Police de l'air et des frontières (Paf), a eu lieu ce mardi au ponton de la Marine à Dzaoudzi. Ces renforts permettront à la Paf d'être encore plus efficace dans sa lutte contre l'immigration clandestine.

Ils ont fière allure, les nouveaux bateaux de la Paf ! 11 mètres de long, 2x250 chevaux dans la carlingue, et le dernier cri en matière d'équipements de sécurité… Avec un radar anti-collisions, un sondeur et un traceur, les kwassa-kwassa auront désormais un peu plus de mal à passer à travers les filets. Et avec les projecteurs et les jumelles thermiques des policiers, les traversées de nuit seront plus difficiles…
"Ca prouve que l'Etat ne baisse pas les bras", a déclaré Florence Bezard, directrice de cabinet par interim du préfet et marraine du Modharé. "Ces renforts ont été demandés il y a deux ans", explique Laurence Carval, chef du service administratif et technique de la police nationale et marraine du Makini, "car il n'y avait à l'époque que deux bateaux : le Koungué et le Kashkasi, aujourd'hui remplacés par ces deux vedettes rapides". La flotte de la Paf est désormais composée de trois grosses vedettes et d'une légère (le Kingua).
Arrivés il y a trois semaines du chantier Raidco de Lorient, les deux vedettes ont été aménagées sur mesure d'après la commande de la Paf, avec par exemple des rebords rehaussés pour améliorer la sécurité des passagers. "Deux critères ont prévalu : l'interception et le transport des gens", précise Joseph S., formateur à la brigade maritime de Mayotte. Les vedettes pourront transporter jusqu'à 40 personnes, en plus de l'équipage, et se déplacer à la vitesse de 30 nœuds. Mais comme le rappelle Joseph, "les kwassa-kwassa ne dépassent jamais les 8 nœuds. Ici, il n'y a pas de bateaux offshore comme à Gibraltar. Notre première mission est de secourir les gens, car ils ne sont pas en sécurité dans les kwassas."
La zone d'intervention des vedettes se limite aux eaux territoriales (12 miles nautiques), mais elles pourront aussi aller dans les eaux internationales pour sauver des marins en détresse. Ces nouvelles embarcations permettront à la Paf, mais aussi à tous les autres services chargés de la lutte contre l'immigration clandestine (douanes, gendarmerie maritime, gendarmerie nautique et Marine nationale), d'avoir un meilleur taux de rotation avec une dizaine de bateaux en tout. Et donc d'être plus efficaces et plus rapides, grâce à une meilleure coordination des différents services dans les interventions en mer : "En multipliant les moyens, le but est de limiter cette immigration", explique le commissaire divisionnaire Yvon Carratero, directeur de la Paf. "Nous voulons lutter plus efficacement en mutualisant les moyens avec les autres services pour avoir toujours des bateaux en mer, quelle que soit l'administration."

Julien Perrot


06 Mai 2008 Entretien avec le président du conseil général - "Tout le Gouvernement est mobilisé"

Entretien avec le président du conseil général - "Tout le Gouvernement est mobilisé"

Au terme de cette première semaine de mission à Paris, nous avons pu obtenir un entretien avec Ahamed Attoumani Douchina. Le président du conseil général revient sur la rencontre de la délégation avec la ministre de l’Intérieur, de l’Outremer et des collectivités territoriales, Michèle Alliot-Marie, avec son secrétaire d’Etat chargé de l’Outremer, Yves Jégo. Il a été question bien évidemment de la fameuse résolution, de l’organisation du référendum, mais aussi d’immigration et de questions diplomatiques. Le président Douchina revient aussi, dans cet entretien exclusif accordé à notre correspondant en métropole, sur sa rencontre avec le cabinet du ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo.


Mayotte Hebdo : Monsieur le président, comment s’est passée votre rencontre avec la ministre et son secrétaire d’Etat à l’Outremer ?
Ahamed Attoumani Douchina : D’une manière générale, nous avons posé la même question pour sensibiliser la ministre et le secrétaire d’Etat à l’Outremer sur l’attente des Mahorais, chose que j’ai déjà eu l’occasion de faire lors de ma récente visite ici même, avant cette délégation. Mais aujourd’hui, nous avons encore abordé le problème de l’importance de la lutte contre l’immigration clandestine avec les menaces qui pèsent sur la population parce que nous apprenons, et j’ai tenu à le leur dire aujourd’hui, que chaque jour à Mayotte, pendant notre absence, des kwassas-kwassas arrivent et cela ressemble à un plan d’attaque contre les Mahorais. J’ai eu l’occasion de leur dire que cette situation n’était plus tenable et qu’il fallait donc vite réagir.
Nous avons également demandé à ce que le gouvernement se positionne et donne une réponse ferme à propos de Sambi. Et je peux dire qu’aujourd’hui, puisqu’on était avec la ministre de l’Intérieur qui est censée organiser la consultation qui nous est promise, là encore je peux dire que avons eu l’assurance comme quoi le gouvernement n’avait aucun état d’âme. Maintenant, encore une fois, le processus est lancé. Mais ce qu’on a posé comme question, c’est la composition du corps électoral. Car il nous semble important qu’on définisse le périmètre de ce corps électoral. Moi j’ai posé la question sans avoir eu de réponse précise. Mais ceci est une réflexion à méditer : est-ce qu’il s’agit du même corps électoral que celui qui a procédé aux dernières élections cantonales et municipales ? Je pense qu’il faut faire en sorte, en se référant à ce qui s’est passé en Nouvelle-Calédonie, que tous les Mahorais, même ceux qui sont à l’extérieur, puissent prendre part à cette élection historique.

MH : Vous souhaitez que tous les Mahorais, où qu’ils soient, puissent participer à ce référendum ?
AAD : Moi personnellement je le souhaite, c’est le fond de ma pensée, que tous les Mahorais puissent prendre part à cette décision historique sur l’évolution de leur statut. Et à ce niveau, il n’y a pas d’a priori chez madame la ministre. Ils y réfléchissent et nous donneront une réponse très rapidement. Mais la ministre dit aussi qu’elle ira dans le sens de ce qui dit la loi.

MH : Sur l’immigration clandestine, avec l'impossibilité des reconduites à la frontière et le flot de kwassas qui arrivent, les Mahorais attendent des réponses urgentes. Est-ce qu’on reste sur le statu quo ou les choses évoluent ?
AAD : Sur l’immigration, ce qui m’inquiète c’est que la population ne sait pas ce qui se fait sur le plan diplomatique et elle a l’impression que rien ne bouge. Mais moi j’ai rencontré des personnalités, des autorités vraiment en charge de ce dossier diplomatique, qui me donnent les assurances et vraiment je sais et j’ai compris la difficulté que pose ce sujet. Mais je veux rassurer mes compatriotes car je sais que la diplomatie française bouge, elle est présente au niveau des Comores, elle négocie certaines choses. Moi, je suis personnellement convaincu qu’on trouvera une suite très prochainement. Ce qui m’inquiète, c’est qu’il y a des choses que la population de base peut comprendre, mais elle ne peut supporter cet envahissement. Donc je comprends l’impatience de la population. Mais avec toutes les rencontres que j’ai eues, je pense que les choses vont évoluer très vite.

MH : Suite à votre rencontre hier (mercredi, ndlr) avec les conseillers du chef de l’Etat, il semblerait que certaines choses évoluent, comme nous l’a expliqué le sénateur Soibahadine… Vous le confirmez ?
AAD : Oui, puisque le calendrier se confirme de plus en plus et j’ai pu prendre bonne note de la solidarité et de la mobilisation de l’ensemble du Gouvernement car je dois dire qu’en dehors de la délégation que je conduis, je rencontre aussi d’autres ministres. Ce fut le cas au ministère de l’Ecologie hier mercredi… et partout où je passe, on me rassure que tout le Gouvernement est mobilisé. C’est donc pour moi une preuve que ce qu’on nous dit dans ces ministères est une réalité.

MH : Au ministère de l’Ecologie, vous avez parlé de quoi ? D’environnement, de politique ? Avez-vous pu rencontrer Jean-Louis Borloo ?
AAD : Normalement je devais le rencontrer, mais malheureusement il n’a pas pu me recevoir au moment prévu. J’ai été reçu par son cabinet, par un ancien ministre de l’Ecologie que je connais très bien, en l’occurrence Serge Pelletier, avec des proches de Jean-Louis Borloo. Là aussi, tout le monde est mobilisé. Nous avons parlé bien sûr d’environnement, mais vous savez, à chaque fois que je rencontre un ministre, dont la plupart sont des gens qui me sont connus, je demande tout d’abord le soutien personnel, ensuite le soutien auprès des autres ministres. Là, le soutien personnel a été obtenu et puis, vous savez, Jean-Louis Borloo est du Parti radical et donc par ses collaborateurs proches, nous avons aussi le soutien du Parti radical, ce qui n’est tout de même pas négligeable.
Et puis évidement hier au ministère de l’Ecologie, j’ai abordé le projet du parc marin qui va bientôt être mis en place à Mayotte. J’ai également demandé un peu plus d’aides pour l’assainissement. A chaque fois, il y aussi le problème de l’aéroport et moi j’ai sensibilisé le Gouvernement qu’il ne faut pas que la création de ce parc naturel marin puisse empêcher ou hypothéquer, d’une manière quelconque, la réalisation du projet de l’aéroport. C’était donc une façon d’attirer l’attention. Et puis, vous savez aussi qu’à Mayotte, dans les eaux territoriales françaises environnant Mayotte, des fois nous avons des thoniers espagnols qui viennent pêcher et qui ne paient pas de redevances à la Collectivité départementale de Mayotte, mais paient leurs redevances au préfet chargé des eaux françaises des Terres australes. Donc moi j’ai posé la question de savoir s’il n’était pas possible que ces navires paient leurs redevances à Mayotte parce que notre île a plus que besoin de moyens. Cela a aussi été l’occasion d’attirer l’attention sur ce genre de petites dérives, pour protéger notre lagon contre le pillage des thoniers espagnols.


06 Mai 2008 Capam - Faire de l'aquaculture un secteur porteur

Capam - Faire de l'aquaculture un secteur porteur

La Chambre d'agriculture lance un programme de commercialisation de la pêche et l'aquaculture et de diversification des activités. Des études sont réalisées pour permettre une meilleure connaissance du marché local et extérieur, afin de définir une stratégie. Le potentiel et les besoins sont là.

Assurer l'approvisionnement du marché local d'ici à 2013, c'est le but du programme de développement de l'aquaculture lancé par la Chambre d'agriculture, de la pêche et de l'aquaculture de Mayotte, la Capam, en partenariat avec Aquamay. La Chambre d'agriculture a repris un projet élaboré à l'origine par Aquamay et entend élaborer un véritable programme de développement basé sur différentes études, essentiellement sur le marché local, mais aussi sur l'extérieur. "La production locale peut être dynamisée par une production qui vise l'exportation, explique le directeur des services Jacques Domalain, on ne peut pas dissocier les deux, mais le plus important reste le marché local."
Présenté devant le ministère de l'Agriculture, l'Odeadom, le conseil général,… le projet a reçu un accueil très favorable. Il se traduit par des études précises qui définiront l'état de l'aquaculture sur Mayotte afin de déterminer les éléments à mettre en place pour l'approvisionnement du marché local, ainsi qu'une analyse de la région, que ce soit dans les pays du Golfe, l'océan indien ou l'Afrique du Sud, pour déterminer les marchés intéressants et intéressés par nos produits, les infrastructures en places ou à installer, les besoins, les freins éventuels, etc.
"Le marché de l'Europe est déjà investi par Mayotte Aquaculture qui y exporte 150 à 200 tonnes par an, c'est pourquoi nous avons choisi de nous tourner vers le marché régional. Nous avons fait appel pour cela à des entreprises spécialisées." L'étude qui porte sur le marché extérieur a démarré il y a un mois, elle sera finie dans le courant du mois de mai. Celles sur marché local seront lancées vers juin/juillet pour être terminées avant décembre et être présentées au séminaire de l'aquaculture.

"On sait produire, maintenant il faut savoir vendre"

"Ces études permettront d'avoir une vision de l'avenir sur 10 ans, pour définir si ce secteur est porteur, poursuit M. Domalain. Nous avons besoin de chiffres pour convaincre les institutions de nous aider. Nous recevons tous les jours des jeunes mahorais motivés qui veulent s'installer dans la pêche ou l'aquaculture. Nous devons savoir quoi leur dire, être en mesure de les conseiller. Ces études vont permettre de quantifier le besoin et de définir quelle place il y a pour combien de nouveaux aquaculteurs. Il faut une production raisonnée, les personnes déjà installées ont souffert de ce manque de connaissance du marché." L'étude de marché devrait également permettre de trouver des solutions aux problèmes de transport soulevés par Mayotte Aquaculture.
"Produire, on sait faire, estime Dominique Marot, représentant des aquaculteurs à la Capam, en n'importe quelle quantité. Maintenant il faudrait savoir vendre. Pour en vivre il faut atteindre 30 à 40 tonnes par an." Si ces études n'apporteront aucune garantie, la Capam espère toutefois recueillir le maximum d'informations qui seront consultables par toute personne désirant s'installer, ou déjà installée. Un projet de convention sur 2 ans entre la Capam, Aquamay et la Collectivité est en cours pour la diversification des activités. Elle définit le rôle de chacun des acteurs.
Les résultats des études lancées par la Capam seront présentés lors du 2ème Séminaire de l'aquaculture Outremer, organisé en décembre par Aquamay. Y participeront la Martinique, organisatrice du premier séminaire en 2006, la Guadeloupe, la Réunion et l'Ifremer de Polynésie.

Hélène Ferkatadji

Coquillages et crustacés
Le projet pilote d'élevage de crevettes d'Aquamay est actuellement en stand-by. Contrairement à ce qui a pu être annoncé, les larves de crevettes ne sont pas mortes mais sont arrivées de Madagascar porteuses d'un virus, et n'ont pu être introduites sur l'île. Une partie de ces crustacés a été envoyée en Equateur pour analyse. La Capam va organiser des pêches de crevettes "mahoraises" afin de déterminer si le virus malgache est également présent ici. Si c'était le cas, rien ne s'opposerait à l'importation des larves de Madagascar puisqu'il n'y aurait pas de risque d'introduction d'un nouveau virus.
Autre projet pilote, celui là bien avancé, celui de production de mabés. Mis en place en 2004, le projetde Thierry Laceppe, accompagné par Aquamay et aidé par la Capam qui s'occupe de la valorisation commerciale, est en phase finale d'installation. "Il a créé un marché qui fonctionne de mieux en mieux, estime Jacques Domalain, il a pu exposer ses produits au Salon de l'agriculture. Ce projet à un intérêt touristique évident, nous espérons pouvoir l'aider à la création d'une petite ferme perlière."


Le Parc marin ne convainc pas
Consultés par la mission d'étude pour le Parc naturel marin de Mayotte, les élus de la Capam se montrent dubitatifs. "Un tel parc ne peut se faire qu'avec une très large concertation, estime Dominique Marot. Le parc d'Iroise s'est fait après 14 ans de consultation des acteurs concernés, et c'est une réussite. Les pêcheurs en sont les maîtres d'œuvre et le gèrent."
Les pêcheurs et aquaculteurs exigent toujours le rejet des thoniers senneurs au-delà des 50 milles nautiques, une exigence dont le secrétaire d'Etat à l'Outremer avait affirmé qu'elle était sérieusement étudiée, mais il n'a donné aucune nouvelle depuis. "Il faut tout régler sur terre avant de faire ce parc, affirme M. Marot, pourquoi dépenser dans un parc marin alors que les égouts continueront de s'écouler dans le lagon ? Il faut d'abord dépenser pour l'assainissement, ensuite on verra pour le parc."
La semaine prochaine une délégation de la Capam, avec un représentant des pêcheurs et un de la Copemay, se rendra à Rennes, le 21 avril pour le comité régional des pêcheurs et le 22 au parc marin de la mer d'Iroise. Les pêcheurs d'Iroise expliqueront aux Mahorais le fonctionnement du parc et ce qu'ils en ont obtenu. La délégation sera reçue le 23 par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. Un partenariat sera mis en place avec les pêcheurs bretons. Ces derniers viendront à Mayotte dans les mois suivants et joueront le rôle de conseil tout au long de la concertation.



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